Une présentation donnée par Mme Sandra Funk, Directrice, Centre de Ressources du Manitoba, Société Huntington du Canada, Conférence annuelle, Calgary, le 25 octobre 2003
Facteurs d’influence Réactions émotionnelles habituelles Enfants à risque Signaux de danger potentiel Parler aux enfants de la MH Suggestions pour aider les enfants à faire face à la MH Conclusion
Naissance à 3 ans
De 3 à 6 ans
De 6 à 12 ans
Adolescents
Peut comprendre des explications plus détaillées. Il faut lui parler comme à un adulte. Pas toute l’information en même temps mais surtout la vérité.
Les symptômes d’un individu à l’autre varient grandement. La manière dont les familles s’ajusteront à la maladie variera tout autant. On remarque cependant des constances quant aux réactions émotionnelles que les enfants peuvent vivre lorsqu’ils côtoient un parent atteint.
Comme l’adulte, l’enfant vivra une période de deuil face aux changements que la maladie apportera dans sa vie. La peine est une réaction normale face à une perte significative. La MH apporte beaucoup de pertes autant pour la personne atteinte que pour les autres membres de la famille.
Etre affligé par les pertes causées par la MH n’est pas l’affaire d’un jour. L’enfant peut avoir perdu le contact avec un parent actif, la chance d’avoir une enfance sans souci. Il peut avoir perdu beaucoup de temps libre car il doit prendre plus de responsabilités à la maison. Les sentiments et réactions face à la MH peuvent ressurgir encore et encore. Ils peuvent revenir à la surface à chaque fois que l’enfant réalise que la personne atteinte ne peut plus faire comme avant. Voici les réactions les plus fréquentes :
Chaque enfant est unique et peut réagir différemment. Un frère ou une sœur, dépendant de son âge, de sa personnalité peut réagir de manière tout à fait opposée. Soyez attentif aux besoins personnels de chaque enfant.
L’enfant qui grandit dans une maison avec la MH fait face à plusieurs défis. Il peut aider dans les soins à donner à la personne atteinte, prendre certaines responsabilités habituellement réservées aux adultes. Son temps libre peut être limité et sa vie sociale perturbée.
En plus de vivre avec un parent atteint de la MH et les changements que cela apporte, les enfants doivent aussi vivre avec l’idée d’être à risque.
Habituellement, les enfants commencent à composer avec la réalité de leur statut au début de l’adolescence.
Le statut de personne à risque aura un impact sur la vision du futur du jeune. C’est la période ou les jeunes pensent à leur carrière et à leur relation personnelle. La possibilité de développer la MH peut avoir une influence importante sur les plans futurs du jeune.
Il est important de rappeler aux jeunes qui ont 50% d’hériter du gène de la MH qu’ils ont aussi 50% de ne pas hériter du gène. Il est aussi important de dire que les scientifiques à travers le monde travaillent à développer des traitements efficaces et à trouver une cure qui enraiera cette maladie Que la découverte du gène a ouvert les portes à toutes sortes de recherche. Toutes ces informations donnent beaucoup d’espoir pour le futur.
Il y a trois signes qui devraient nous alerter d’un possible problème :
Autres choses à surveiller :
Naissance à trois ans : Régression (revenir aux bouteilles, aux couches), anxiété de la séparation, agitation, pleurs ou irritabilité plus fréquents.
De 3 à 6 six ans : Agressivité, culpabilité, cauchemars, peur d’être abandonné, maux variés
De 6 à 12 ans : Agressivité, tristesse, peur excessive, sentiment de lourdes responsabilités, culpabilité, problèmes scolaires
Adolescents : Craintes face à l’avenir, manque de motivation, difficultés scolaires, problèmes de comportement
Comme parent, vous êtes la personne qui connaissez le mieux votre enfant. Vous êtes donc, la plupart du temps, la mieux placée pour reconnaître ces signes. Il faut faire attention de ne pas tout blâmer sur la MH. Il peut y avoir d’autres facteurs comme l’école, la pression des pairs, les problèmes d’identité ou les choix de carrières.
Si vous sentez qu’il y a un problème, parlez à votre enfant. Vous pouvez envisager aller chercher de l’aide auprès d’un psychologue.
Ce n’est pas chose facile pour la plupart des parents. Nous voulons tous protéger nos enfants, les mettre à l’abri de problèmes. Quelques parents pensent qu’en parler aux enfants empirera
la situation, que ça les blessera trop. Ne serait-ce aussi que ça blessera trop le parent?
Même si c’est très difficile pour vous, vos enfants ont le droit de savoir. La plupart des enfants réaliseront que les choses ont changé que son parent n’est plus le même malgré tous les efforts de cacher la maladie. Les enfants sont très sensibles aux changements physiques et émotionnels de leurs parents. Si personne ne leur parle de la MH, les enfants s’en remettent à leur imagination et leurs peurs pour expliquer les changements qu’ils remarquent. Ceci peut être pire que la vérité.
Premièrement, vous devez vous sentir prêt et capable de parler de la MH. Voici quelques suggestions qui vous aideront dans cette tâche difficile.
Quelle quantité d’information vous dévoilerez à l’enfant dépend toujours de son âge et de sa personnalité. Vous êtes le meilleur juge pour savoir quelle information votre enfant peut comprendre. Vous connaissez votre enfant mieux que n’importe qui. Voici quelques facteurs à garder en tête :
Age 3 à 6 ans : Dites à votre enfant que ce n’est pas sa faute si la MH affecte un membre de sa famille, ce n’est pas à cause de quelque chose qu’il aurait pu faire.
Expliquer que la MH n’est pas contagieuse; on ne peut pas l’attraper en embrassant, en touchant ou en partageant une collation.
Rassurer l’enfant qu’il y aura toujours quelqu’un pour s’occuper de lui. Expliquer qui fera les choses que papa fait d’habitude et les choses que maman fait d’habitude.
Ages de 6 à 12 : Les enfants sont prêts pour plus de détails.
Dites-leur aux meilleurs de vos connaissances qu’est-ce qui peut arriver.
Attendez-vous à des questions bien précises sur ce qui ne va pas et ce que les docteurs feront.
Ados : Donnez le plus d’information possible. Plusieurs ados veulent être traités comme des adultes.
Donnez une information honnête et complète.
Ne vous attendez pas à de l’empathie et du support. Soyez flexibles avec les tâches domestiques.
Respectez leur besoin d’intimité – vous donnez l’information et puis attendez. Ils peuvent ou ne peuvent pas vous parler. L’important est que quelqu’un sera disponible pour les écouter – un ami, professeur, entraîneur, etc.
Encouragez l’enfant à parler à quelqu’un
En plus de parler des symptômes de la MH, il est important aussi de leur parler du côté héréditaire de la maladie.
Il est important de parler franchement à l’enfant du risque d’avoir hériter de la maladie. Si vous ne lui dites pas, il a de bonnes chances de le découvrir en écoutant un programme à la télé sur la génétique, dans une classe de biologie ou encore sur internet.
Les enfants commencent à comprendre le concept de la génétique et l’hérédité au début de l’adolescence.
Dites-leur qu’ils peuvent développer la maladie à un certain moment .
Dites-leur que les scientifiques partout au monde travaillent à trouver de meilleurs traitements et un remède à la maladie.
Une ressource intéressante est la ligne sans frais de Tel-Jeunes ouvert 24 heures sur 24/ 7 jours sur 7. Ils offrent des services de prévention et d’intervention auprès des jeunes de 5 à 20 ans (1-800-263-2266) Aussi, Jeunesse J’écoute – 1-800 668-6868.
Les enfants vivant avec la maladie de Huntington font face à des défis que la plupart des jeunes de leur âge ne vivent pas. La MH n’a cependant pas à prendre toute la place dans la vie du jeune. Les familles doivent essayer de vivre un jour à la fois et régler les situations lorsqu’elles se présentent. Il existe plusieurs ressources disponibles pour aider.
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Préparé par Danièle Bouret
Le 19 octobre 2004