Lorsqu’une personne reçoit le diagnostic de la maladie de Huntington (MH) et qu’elle présente des symptômes, il peut arriver que vous soyez inquiet quant à ses capacités à conduire. La MH se traduit par des déficits cognitifs incluant des pertes de mémoire à court terme, des difficultés d’organisation, de planification et un manque d’attention.
Ces difficultés peuvent mettre la personne atteinte et les autres en danger. Lorsque des doutes sur la capacité à conduire apparaissent, une référence médicale peut être faite à la Société d’Assurance Automobile du Québec (SAAQ). Dans tous les cas, il est plus sécuritaire de déclarer votre condition à la SAAQ.
Le médecin trouvera souvent difficile de prendre la décision d’arrêter son client de conduire. Celui-ci veut garder l’autonomie de son patient le plus longtemps possible mais en même temps il est dans l’obligation de favoriser la sécurité de la population. Evidemment, dans le doute, la sécurité de la population sera priorisée.
La conduite automobile exige des facultés physiques telles l’acuité visuelle et la force musculaire. Le médecin doit aussi porter attention à d’autres composantes de la MH liées aux dysfonctionnements cérébraux. Les difficultés suivantes ne vont pas forcément toutes apparaître mais il faut savoir que même une seule difficulté pourrait rendre la conduite non sécuritaire :
Attention et concentration : les conducteurs doivent avoir une attention soutenue, une bonne vigilance et ne pas se laisser distraire.
Acquisition des informations visuelles : les conducteurs ne doivent pas négliger la vision périphérique et ils doivent être capable de repositionner leurs yeux rapidement. La motricité oculaire peut être ralentie dans la MH.
Traitement de l’information visuelle : les conducteurs doivent être capables de traiter rapidement et efficacement l’information visuelle qu’ils perçoivent. Les notions de mouvement et de distance doivent être interprétées correctement.
Coordination motrice : les personnes doivent avoir une bonne coordination et un contrôle efficace de leurs mouvements. Ils doivent être capables de faire plusieurs actions en même temps.
Réponse motrice : les réactions de conduite doivent être rapides et être en lien avec la capacité à résoudre des problèmes. Les situations rencontrées dans la circulation requièrent une réponse efficace à plusieurs stimuli et changements d’environnement.
État émotionnel : les conducteurs doivent contrôler leurs impulsions et leur caractère, ne pas prendre de risques inutiles et ne pas montrer de l’agressivité et du désespoir dans leur conduite.
Le déni : Plusieurs personnes ayant la MH nieront avoir des incapacités, même si celles-ci sont indéniables pour les autres. C’est une composante dangereuse pour la conduite automobile.
Le médecin pourra réévaluer périodiquement si les difficultés détectées sont mineures.
La personne peut continuer à conduire s’il est évident qu’elle peut compenser pour ses débuts de difficultés, qu’elle peut adapter sa conduite et que son jugement est adéquat pour une conduite sécuritaire. Cependant, lorsque la sécurité de la conduite doit être évaluée, il est recommandé de ne pas conduire tant que l’évaluation ne soit complétée. Lorsque la conduite représente un danger pour la population, il est impératif de ne plus conduire et le médecin doit prendre tous les moyens nécessaires pour qu’il en soit ainsi.